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Le Fleuve Shinano

"Avec Kamimura, on en a pour son argent et ça se dévore". Auteur de classiques comme Le Club des Divorcés, Lady Snowblood et Lorsque nous vivions ensemble, Kazuo Kamimura est considéré comme un des plus grands mangakas. Trente ans après sa mort, les éditions Kana continuent d’exhumer ses œuvres qui ont marqué les années 1970 et 1980. La dernière en date est Le Fleuve Shinano, réalisée en 1973. "Avec ce titre-là, il n’a rien à prouver au public. Il est déjà reconnu comme auteur", indique Timothée Guédon, éditeur chez Kana.
Comme à son habitude, Kamimura y dresse le portrait de femmes japonaises. "Kamimura a tendance à les malmener à loisir, mais c’est aussi une manière pour lui de bousculer la société japonaise, d’essayer de la faire réagir, la remettre en cause. Les gens le lisent pour avoir un autre regard sur la société japonaise." Les récits de Kamimura sont souvent violents, cruels. Ils abordent sans fard l’histoire du Japon et les différentes évolutions traversées par son pays. "Il en a été témoin. C’est ce qu’on voit notamment dans La Plaine du Kanto, son récit le plus autobiographique." Kamimura raconte les bouleversements des mœurs et la marche forcée vers la modernité de son pays après sa mise sous tutelle par les Etats-Unis. Une violence qu’il retranscrit dans les interactions entre ses personnages.
Le Fleuve Shinano, Kazuo Kamimura (dessin) et Hideo Okazaki (scénario), Kana, 720 pages, 18 euros.

Kana

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