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La Mort vivante

Pour venir à bout de La Mort vivante, un récit à mi-chemin entre la SF et le fantastique écrit par Olivier Vatine et adapté d’un roman de Stephen Wul, le dessinateur Alberto Varanda a travaillé pendant quatre ans. "Je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps", concède-t-il. "J’apporte un soin particulier à chacune de mes images." Pendant quatre ans, il a peaufiné ses cadrages, réglant la mise en scène au cordeau, passant jusqu’à trois semaines sur l’encrage d’une planche.
De ce travail colossal, il tire un album terrifiant, dont le style est en réalité une accumulation de hachures et de traits aussi fins que des lames de rasoir. "L’important, c’est l’ambiance et la montée en tension. On voulait créer une émotion", précise Alberto Varanda, dont les planches en noir et blanc, comme par moments transpercées par des touches de couleur, provoquant chez le lecteur autant l’effroi que l’émerveillement, comme cette scène, à peine éclairée par une bougie, où un monstre à deux têtes surgit dans la pénombre: "J’ai voulu dessiner cet album en faisant une totale abstraction de la couleur pour amener toutes mes ambiances par le noir et blanc."
Le dessinateur a été séduit par l’ambiance gothique du récit, qui se déroule dans un vieux château où une femme tente de ressusciter sa fille décédée. Dans La Mort Vivante, Alberto Varanda a pu rendre hommage à ses maîtres: Bernie Wrightson, qui a dessiné le Frankenstein de Mary Shelley, mais aussi les illustrateurs Gustave Doré et Franklin Booth. Épuisé, il prépare un projet plus léger pour un public adolescent.
La Mort Vivante, Olivier Vatine (scénario) et Alberto Varanda (dessin), Comix Buro, 72 pages, 15,50 euros.

Comix Buro

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