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My Home Hero

Modeste père de famille, Tetsuo se passionne pour les romans policiers. Lorsqu’il découvre que sa fille fricote avec un yakuza qui la brutalise, il le tue pour la sauver. Pour éviter que les mafieux s’inquiètent de l’absence de leur homme, il fait disparaître le corps… Grégoire Hellot, éditeur chez Kurokawa, a découvert cette histoire dans Young Magazine, “un magazine japonais qui s’adresse aux jeunes adultes un peu bourrins avec des histoires de voyous, de yakuzas et de camionneurs”, précise-t-il. Dans ce panorama, impossible de rater My Home Hero, “qui ne collait pas au public visé habituellement”.
Parrainé par le romancier Maxime Chattam, My Home Hero mêle thriller et humour tout en décrivant méthodiquement comment faire disparaître un corps. “Il reprend de manière assez réaliste les réactions qu’aurait un homme qui n’a rien à voir avec cela”, explique Grégoire Hellot. “Le personnage n’est pas du tout préparé à cette situation. Ce n’est ni un super-héros, ni un ancien agent. II ne fait pas de karaté. Faire des blagues, comme il le fait, est une manière de ne pas devenir fou.”
C'est un succès au Japon, où six tomes ont déjà paru. Ils arriveront cette année en France et combleront un vide éditorial, selon Grégoire Hellot: “le thriller hyperréaliste est un genre peu représenté en France dans les mangas”, où le shonen se taille la part du lion. “On essaye donc de toucher une partie de la population qui ne lit plus [de shonen] et recherche des histoires plus adultes dans le mode de narration particulier du manga. Une des volontés de Kurokawa est d’intéresser les gens qui ne sont pas de gros lecteurs de mangas et de leur donner la possibilité de s’y mettre.”
My Home Hero, Masashi Asaki (dessin) et Naoki Yamakawa (scénario), Kurokawa, 192 pages, 7,65 euros.

Kurokawa 2019

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