BFM

Pour reconstruire la flèche de sa basilique, Saint-Denis veut un chantier visitable et autofinancé

BFM C. B avec Florian Chevallay
placeholder video
Saint-Denis s'apprête à lancer plusieurs années de travaux pour reconstruire la flèche de la basilique, démontée en 1846. Les élus locaux misent sur un chantier accessible au public, dont les visites permettraient de financer les travaux.

Saint-Denis se lance dans un chantier ambitieux. Plus de 170 ans après sa déconstruction, la flèche de la basilique Saint-Denis, fragilisée par la foudre et les tempêtes au 19e siècle devrait finalement se dresser à nouveau dans le ciel francilien. Un projet auquel la ministre de la culture Audrey Azoulay a donné son feu vert la semaine dernière, sous condition notamment de mener des études techniques qui devraient prendre quelques mois.

La flèche de la basilique Saint-Denis a été déconstruite il y a 170 ans.
La flèche de la basilique Saint-Denis a été déconstruite il y a 170 ans. © Saint-Denis

Mais symboliquement, la première pierre de la flèche sera posée dès le mois prochain, avant une ouverture du chantier au public en 2018. Les élus locaux et les porteurs du projet misent en effet sur un chantier visitable, à l'image du château de Guédelon en Bourgogne ou de l'Hermione, la réplique de la frégate de La Fayette. Ils espèrent que le chantier, au plus près des bâtisseurs de cathédrales attisera la curiosité. 

"La spécificité d'un chantier visitable, c'est d'être un chantier où les gens qui s'activent expliquent et montrent ce qu'ils font. Le travail n'est pas un spectacle, en revanche il est l'opportunité d'une pédagogie, d'une découverte et derrière chaque pierre se profile un savoir-faire, une formation, une action, un individu", s'enthousiasme Jacques Moulin, architecte en chef des monuments historiques.

Un objectif de 200.000 visiteurs par an

Concrètement, le chantier sera divisé en deux parties. Une partie des échafaudages sera propre aux travaux et l'autre permettra aux visiteurs d'approcher le chantier et les artisans en toute sécurité. Grâce à ces travaux, la ville espère multiplier par dix le nombre de visiteurs actuels pour atteindre 200.000 touristes par an.

"Si on avait à s'appuyer sur des entreprises privées, il y en aurait facile pour 10, 12 millions. Aujourd'hui on vise autre chose, on vise un chantier visitable donc qui sera financé strictement par les visites et non pas par l'argent public", soutient Didier Paillard, vice-président de l'agglomération. 

Les recettes générées par les visites ainsi que le mécénat doivent permettre au projet d'être autofinancé. Mais une fois le chantier lancé, la basilique ne retrouvera sa flèche que dans une