"Ce n'est pas supportable": de Paris à Marseille, des librairies ciblées par des actes de vandalisme

Des croix celtiques peintes sur le rideau de fer d'une librairie de Marseille, une vitrine d'un établissement rennais vandalisée, une étoile de David peinte sur la porte d'une librairie parisienne... Depuis plusieurs mois, de Rennes à Périgueux en passant par Nantes, des librairies indépendantes sont la cible d'actes de vandalisme semblant avoir pour motivation leur positionnement politique.
C'est notamment ce qu'il s'est passé le 15 novembre dernier à Petite Égypte, située dans le 2e arrondissement de Paris, quand "un tag diffamatoire, sexiste, répugnant" a été inscrit sur la vitrine avec de la peinture à l'acide, raconte à BFMTV Alexis Argyroglo, le fondateur de la librairie.
Une étoile de David a également été dessinée sur la porte de l'établissement qui, le soir même, devait accueillir une rencontre avec Francesa Alabanese, la rapporteure spéciale de l'ONU sur les droits humains dans les territoires palestiniens occupés.
"Redonner une place apaisée au débat public"
Installé depuis dix ans, Alexis Argyroglo explique qu'il est hors de question pour lui de céder face aux intimidations. "On n'a pas peur et on ne s'interdit rien", affirme-t-il. "On ne revient pas du tout sur le positionnement de la librairie et sa programmation culturelle."
Une position partagée par les clients interrogés par BFMTV. "Ce n'est pas supportable pour les auteurs, les lecteurs également et ceux aussi qui tiennent les librairies parce qu'il faut savoir que ces petites librairies indépendantes, on est quand même très, très heureux de les avoir dans nos quartiers", confie une cliente. "S'il devait y avoir des questions sur les choix, sur les orientations, qu'on puisse en discuter calmement", estime un autre habitué.
Président du Syndicat de la librairie française, Alexandra Charroin Spangenberg appelle également au débat et "interpelle les pouvoirs publics". "Il est important de redonner une place sereine et apaisée au débat public et au débat démocratique, et ça, bien sûr, ce sont nos élus qui donnent l'exemple", avance-t-elle sur BFMTV. "Chacun est responsable de la défense de la liberté d'expression."












