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Samuel Bankman-Fried est accusé d'escroquerie par le gendarme boursier américain

BFM Business Pauline Armandet
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La SEC considère que l'ancien patron de FTX a construit un "château de cartes" fondé sur la tromperie.

Le gendarme boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), a accusé mardi l'ancien patron de la Bourse de cryptomonnaies FTX, Sam Bankman-Fried (SBF), d'avoir escroqué les investisseurs de la plateforme.

"Nous affirmons que Sam Bankman-Fried a construit un château de cartes fondé sur la tromperie tout en disant aux investisseurs qu'il s'agissait de l'un des établissements les plus sûrs de la cryptomonnaie", a déclaré dans un communiqué le président de la SEC, Gary Gensler, au sujet de "SBF".

"La fraude présumée commise par M. Bankman-Fried est un rappel clair aux plateformes de cryptomonnaies qu'elles doivent se conformer à nos lois", poursuit le communiqué. La SEC accuse l'ancien patron de FTX d'avoir violé les dispositions anti-fraude de la loi sur les valeurs mobilières de 1933 et de la loi sur les échanges de valeurs mobilières de 1934.

"Le gendarme boursier, qui s'interroge sur les plus de 1,8 milliard de dollars levés par FTX auprès d'investisseurs depuis au moins mai 2019, réclame notamment que "SBF" soit interdit d'acheter ou de vendre des titres financiers (sauf pour son compte personnel) et qu'il ne puisse plus exercer de fonctions dirigeantes", rapporte l'AFP.

En outre, lors du crypto-krach du printemps dernier, SBF a "ordonné à Alameda Research de tirer sur sa 'ligne de crédit' auprès de FTX. Des milliards de dollars de fonds de clients de FTX ont ainsi été détournés vers Alameda et utilisés par Alameda pour rembourser ses obligations de prêt à des tiers", indique le document.

"Bankman-Fried a indûment détourné les actifs des clients vers son fonds spéculatif cryptographique privé, Alameda Research LLC ("Alameda"), puis a utilisé ces fonds pour réaliser des investissements à risque non divulgués, des achats immobiliers somptueux et des dons politiques importants", ajoute le document.

Selon ce même document, les clients FTX devaient envoyer des milliards de dollars de fonds sur un compte contrôlé par Alameda, créant un passif de 8 milliards de dollars.

L'accusation de la SEC tombe alors que Sam Bankman-Fried a été arrêté aux Bahamas lundi à la demande des autorités américaines alors que ce dernier devait témoigner devant le Congrès américain ce mardi.

Pour rappel, FTX était considérée comme la deuxième plus grosse plateforme d'échanges de cryptomonnaies au monde, avec une valorisation de 32 milliards de dollars. Mais vendredi 11 novembre, la plateforme s'est placée sous le régime des faillites aux Etats-Unis, faisant plonger le marché des cryptomonnaies dans le rouge.