Régulation, tokenisation, DeFi… La 2ème Brussels Blockchain Week débarque la semaine prochaine

La semaine prochaine, Bruxelles sera "the place to be" pour parler de cryptomonnaies, avec la deuxième édition de la Brussels Blockchain Week. Cet évènement, qui rassemble les principaux acteurs de l'écosystème, a été créé par le député belge du Parlement de la région Bruxelles-Capitale Christophe De Beukelaer (qui a touché son salaire en bitcoin pendant un an) et Raoul Ullens, qui travaille dans le web3 depuis plusieurs années. BFM Crypto a interrogé à ce dernier sur l'évènement de la semaine prochaine.
BFM Crypto: Quels seront les temps forts de cette nouvelle édition?
Raoul Ullens: Notre évènement se structure en deux dimensions. Il y a une quinzaines d’évènements gratuits qui mettent en valeur l’écosystème crypto, comme un hackathon pour apprendre à coder, des expositions sur les NFT ou encore des workshops sur la tokenisation de l'immobilier. Puis les 7 et 8 juin, nous aurons la conférence principale avec des acteurs majeurs du secteur. Nous allons rassembler les régulateurs européens et les leaders du secteur privé pour encourager le dialogue entre ces deux entités. Un focus sera aussi mis sur la tokenisation, notamment des actifs réels. Enfin, il est essentiel que des échanges aient lieu entre le secteur bancaire et la DeFi. C’est un sujet que l’on aimerait pousser lors de l’évènement. Il faut que les banques se rendent compte qu’il y a des choses à faire avec l’industrie crypto.
A l’heure où le sujet de la règlementation des cryptos est crucial, qu’attendez-vous des échanges entre les acteurs?
Le monde de la blockchain et des cryptomonnaies évolue vite. Il y a quelques années, le secteur crypto avait encore une attitude très rebelle à l’égard du régulateur et il y a encore des acteurs qui sont de cet avis-là. Selon nous, pour que les actifs digitaux fleurissent, un certain cadre doit être mis en place. Par ailleurs, malgré les connexions évidentes entre ces deux mondes, les régulateurs se sont retrouvés isolés du web3. Parmi ceux qui se sont penchés sur les règlementations MiCA et TFR, certains ont écrit des textes sans avoir même manié un wallet crypto, ce qui n’est pas très crédible. Et le monde du web3 a sa part de responsabilité, il est temps qu'il prenne le temps de discuter avec ces régulateurs, et de les sensibiliser.
Des géants des cryptos, comme Binance, ont établi leur siège européen en France. Pourquoi Bruxelles attire moins les gros acteurs?
La France a une règlementation claire et cela a bénéficié à toute l’Europe. A l’inverse effectivement, Bruxelles n’est pas encore une terre d’accueil. Mais nous avons tout de même de belles pépites, comme Keyrock, Venly et Ngrave. Le talent est là en Belgique, maintenant il y a rarement une stratégie nationale suivie par tout le monde. Bruxelles a un rôle à jouer dans les cryptomonnaies. Notre but est d’être un évènement central autour de cet écosystème.
La règlementation européenne MiCA, qui devrait rentrer en vigueur d’ici 2025, pourrait-elle donner du poids à Bruxelles, en tant que capitale européenne?
Cela sera porteur pour toute l’Europe, et je pense aussi pour Bruxelles. Mais il est important que ce cadre règlementaire continue d’évoluer, qu’il y ait une discussion entre les régulateurs pour que ce soit fait en co-création avec les acteurs du monde des cryptomonnaies.
La première plateforme crypto belge, Bit4you, a fermé ses portes il y a quelques semaines. Cela porte un coup dur à votre écosystème.
C’est vrai, mais cela fait partie du cycle. Nous sortons d’un marché crypto haussier très puissant avec beaucoup d’acteurs qui ne tenaient pas la route. J’ai analysé des centaines de projets dans le cadre de mon activité en venture capital et constaté une différence de qualité entre les sociétés cryptos. Au même titre que FTX, la fermeture de Bit4you renforce la thèse des portefeuilles cryptos décentralisés. Pour les utilisateurs, il est important de comprendre qu’il est essentiel de garder ses cryptomonnaies sur ce type d’outils.












