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Anatoli Legkodimov, le patron de la bourse crypto russe Bitzlato, plaide coupable de blanchiment

BFM Business PA avec AFP
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Âgé de 41 ans, ce dernier est soupçonné d'avoir blanchi des millions d'euros. Il a plaidé coupable devant la justice américaine.

Le fondateur russe de la plateforme d'échanges de cryptomonnaies Bitzlato, a plaidé coupable aux Etats-Unis d'avoir permis la circulation de "fonds illicites", a annoncé mercredi le ministère américain de la Justice.

Anatoli Legkodimov, 41 ans, vivant en Chine, avait été interpellé en pleine nuit en janvier à Miami, en Floride (sud-est), dans le cadre d'un vaste coup de filet couvrant également l'Espagne, le Portugal et Chypre, annoncé conjointement par les Etats-Unis et la France, où étaient localisés les serveurs de Bitzlato.

Dans le cadre de son accord avec l'accusation, il a accepté la dissolution de la plateforme russophone et renoncé à toute action pour recouvrer les 23 millions de dollars d'actifs saisis, précise le ministère dans un communiqué. La date du prononcé de sa peine, qui peut aller jusqu'à cinq ans de prison, n'a pas été fixée.

"Bitzlato faisait sa publicité en offrant un sanctuaire aux fraudeurs, aux voleurs et à d'autres criminels pour blanchir les profits de leurs activités illicites", a déclaré la vice-ministre américaine de la Justice Lisa Monaco, citée dans le texte.

"Ni selfie, ni passeport"

La justice américaine reproche à Anatoli Legkodimov d'avoir adopté une "politique d'identification minimale pour ses utilisateurs", se targuant de "ne demander 'ni selfie, ni passeport'".

La plateforme a réalisé l'essentiel de ses transactions, soit plus de 700 millions de dollars en cryptomonnaies, avec "Hydra Market", la principale plateforme de vente du "darknet" (la partie obscure du web non référencée par les moteurs de recherche) jusqu'à son démantèlement en avril 2022 lors d'une opération conjointe des autorités allemandes et américaines, selon les autorités judiciaires américaines.

Opérant en langue russe depuis 2015, Hydra Market vendait aussi bien des drogues que des faux documents ou des logiciels malveillants. "Bitzlato a également reçu des millions de dollars de revenus tirés de rançongiciels", selon le communiqué.