Inondations mortelles de 2015 à Biot: le parquet demande un renvoi au tribunal correctionnel

La perspective d’un procès se rapproche pour les familles des victimes de la maison de retraite du Clos-de-Saint-Grégoire. En octobre 2015, trois pensionnaires de l’établissement sont morts lors des inondations meurtrières à Biot dans les Alpes-Maritimes.
Sept ans plus tard, le parquet de Grasse demande le renvoi en correctionnelle du gérant des maisons de retraite Orpéa, l’ancienne maire de Biot Guilaine Debras, la directrice de la maison de retraite Anaïs Gledel, et le responsable "risques naturels" de la mairie Yann Pastierik, pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d'autrui. Une information relayée par Nice-Matin, que BFM Nice Côte d'Azur est en mesure de confirmer.
"Tourner la page et lancer une procédure"
"Cela fait plus de sept ans que nous attendons cela, réagit Denis Delaup à notre micro. On a changé trois fois de juge d’instruction. Aujourd’hui enfin, nos avocats nous ont confirmé cette nouvelle qui je pense va enfin pouvoir nous permettre de tourner la page et lancer une procédure en espérant que le juge d’instruction confirme la réquisition du procureur de la République."
La grand-mère de son épouse, âgée de 91 ans, est morte noyée dans la maison de retraite.
"Il y a eu une catastrophe naturelle ce jour-là qui avait été annoncée, se remémore-t-il. Malheureusement, manque de personnel dans le groupe Orpéa et dans cette maison de retraite, les personnes n’ont pas pu mettre en sécurité tous les pensionnaires à l’étage."
La grand-mère invalide de son épouse logeait dans une chambre située au fond du couloir, au rez-de-chaussée de l’établissement. Elle était dans "la dernière chambre, elle n’a pu sortir de son lit et n’a pu sortir de cette mort terrible, par noyade", résume Denis Delaup encore très affecté par ce tragique événement.
Éviter que ces catastrophes se reproduisent
"C’est vraiment dur de parler de ça aujourd’hui, reprend-t-il. Sept ans après, on espère enfin que les choses vont changer, qu'on puisse changer de vie, qu’on puisse mettre un terme à cet épisode très douloureux de notre famille." L’espoir d’un procès renaît à présent pour Denis Delaup.
"On ira jusqu’au bout pour la simple et bonne raison qu’il ne faut pas qu’il se reproduise ce genre de catastrophe dans des lieux publics où on reçoit des personnes, souligne-t-il. Et cela a été notre première démarche en déposant plainte contre X."
Dans cette affaire, le renvoi devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire est demandé pour quatre persoonnes. Pour Denis Delaup, les responsabilités sont partagées bien que ce ne soit pas "aux familles de juger cela", précise-t-il.
"Pour ma part, je pense que le groupe Orpéa a quand même un manquement à ses obligations car nous mettons nos familles, nos parents dans des lieux sûrs. Et vu cette catastrophe naturelle, il n’y avait pas les moyens nécessaires pour le personnel de gérer la situation", a-t-il conclu.













