Féminicide à Nice: les enfants de la victime veulent "essayer de se reconstruire ensemble"

"Mon père m'a annoncé que ma mère était décédée", raconte Inès, la fille de Lisa, une Niçoise de 45 ans tuée samedi dernier dans le quartier de la Madeleine à Nice. Alors que l'ex-compagnon de la quadragénaire principal suspect dans cette affaire, a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire ce lundi soir, les enfants de Lisa sont revenus sur la mort de leur mère au micro de BFM Nice Côte d'Azur.
Anthony placé 24 heures en garde à vue
L'un d'entre eux, Anthony avait été placé en garde à vue le week-end dernier après la découverte dans sa voiture, du corps de sa mère. L'homme âgé d'une vingtaine d'années, né d'une précédente relation de Lisa, avait d'abord été soupçonné de complicité avant d'être mis hors de cause. Au micro de BFM Nice Côte d'Azur, il raconte que c'est un policier qui lui a appris par téléphone la mort de sa mère.
"Il m'a dit qu'il fallait vite venir au commissariat pour réconforter la famille et Inès. À l'entrée au commissariat, je suis venu réconforter ma petite sœur, ensuite on m'a passé directement dans un bureau pour la suite de l'enquête car le corps a été retrouvé dans le coffre de ma voiture", explique-t-il, assis aux côtés de ses deux frères et de sa sœur.
Le jeune homme raconte avoir été surpris d'être accusé de complicité dans cette affaire. Placé 24 heures en garde à vue, il a subi plusieurs auditions.
"Pour moi, ça a été très dur là-bas. Quand on perd un membre de sa famille, surtout sa mère, on a besoin de se retrouver entre frères et sœurs. De se retrouver enfermé là-bas pendant 24 heures, c'est pas facile, c'est dur même, c'est très dur", souligne-t-il.
Inès bloquée dans un appartement par un homme
Pour sa sœur Inès, c'est son père, aujourd'hui mis en examen, qui lui a appris la nouvelle de la mort de sa mère.
"J'étais chez moi dans mon domicile, au moment où ma mère était en train de se faire assassiner en bas dans le garage. Après, mon père est remonté du garage et il m'a dit de descendre. Je pensais que j'allais retrouver ma mère (..) J'ai dit: 'elle est où maman?' Il m'a dit: 'monte dans la voiture on va la chercher'", témoigne Inès au micro de BFM Nice Côte d'Azur.
Inès, accompagnée de son père, a finalement pris la route en direction du logement de ce dernier. Arrivée là-bas, elle raconte qu'un homme l'attendait dans le studio.
"Là, mon père m'a annoncé que ma mère était décédée, et après quand il a vu que j'étais en train de faire une crise d'asthme, il m'a dit que ce n'était pas vrai, qu'il rigolait, qu'il allait la chercher. Il est parti de l'appartement, je ne l'ai plus revu et il a dit à l'homme qui était avec moi de me garder dans l'appartement et de ne pas me laisser sortir", explique-t-elle aux côtés de ses frères.
Finalement, Inès réussit à convaincre l'homme de la laisser partir. "Je sentais que si je restais, il allait sûrement m'arriver quelque chose", confie la jeune Niçoise.
“Reprendre une vie normale”
Désormais, tandis que le père d'Inès est en détention et que l'appartement de Lisa est toujours sous scellé, les enfants sont logés séparément chez des amis. Alors que trois d'entre eux sont sans emploi, ils ont lancé un groupe Facebook intitulé "soutien aux enfants de Lisa.T" ainsi qu'une cagnotte pour qu'ils puissent recevoir de l'aide, pour notamment payer les obsèques.
"Le plus important, c'est de trouver un logement, de se souder tous ensemble, de se reconstruire, d'accepter notre deuil et ce qui s'est passé et plus tard bien sûr, reprendre une vie normale. Mais le plus important, c'est d'essayer de se retrouver tous sous le même toit et d'essayer de se reconstruire ensemble", soutient Inès.
Une marche blanche en mémoire à Lisa, est organisée ce dimanche à 13h. Le départ se fera boulevard de la Madeleine à Nice, depuis le domicile familial. La marche blanche prendra la direction de la Promenade des Anglais. Un lâcher de ballons sera effectué en hommage à Lisa.













