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Emmanuel Macron fixe une série d'objectifs pour la conférence des Nations unies pour l'Océan à Nice

Le président Emmanuel Macron à l'Élysée le 28 mars 2025

Le président Emmanuel Macron à l'Élysée le 28 mars 2025 - Sarah Meyssonnier / POOL / AFP

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Le président de la République française a fixé huit objectifs pour la prochaine Conférence des nations unies pour l'Océan qui se tiendra à Nice en juin. Il espère au moins 60 ratifications pour "la conservation et l'utilisation durable" de la haute mer.

Emmanuel Macron a fixé ce lundi 31 mars huit objectifs à la prochaine Conférence des Nations unies pour l'Océan qui se tiendra en juin à Nice, dont l'entrée en vigueur de l'accord sur la gouvernance de la haute mer, l'arrêt de la surpêche mondiale et la défense de la science à l'heure de sa remise en cause aux États-Unis.

L'accord trouvé à l'ONU en mars 2023 pour "la conservation et l'utilisation durable" de la haute mer a été signé par 110 États mais n'est à cette heure ratifié que par 21 d'entre eux.

"L'objectif pour Nice c'est d'avoir au moins les 60 ratifications qui lui permettront d'entrer en vigueur. On n'y est pas encore (..) Il y a encore un très gros travail à faire", a concédé le président français à l'occasion d'un sommet "SOS Océan" qui était organisé à Paris.

"Il faut rendre possible un espace de gestion durable de la haute mer et de ses ressources", avec la création d'aires marines protégées et des études d'impact environnemental, a-t-il insisté.

Lutte contre la êche illégale et décarbonisation du transport maritime

Emmanuel Macron a aussi appelé à continuer la lutte contre la "pêche illégale, illicite et non déclarée", qui représente encore entre 10 et 20% de la production selon lui.

"À l'Organisation mondiale du commerce (OMC), nous sommes nombreux à faire en sorte que l'accord qui mettra fin aux subventions à la pêche illégale soit ratifié pour Nice", a-t-il souligné.

Le chef de l'État espère par ailleurs des "résultats tangibles" sur la décarbonation du transport maritime - avec une cible de totale neutralité en 2050 - ce qui doit passer par des "investissements massifs" dans la transition vers les carburants durables.

Il a aussi insisté sur la "mobilisation de nouveaux financements" dans l'électrification des ports, la recherche ou l'innovation.

"Nous vivons une période où beaucoup de grandes puissances stoppent leurs financements vers les organismes de recherche publique, contestent la véracité des résultats établis scientifiquement", notamment sur la biodiversité, a-t-il relevé dans une allusion au président américain Donald Trump.

"Nous avons une responsabilité"

La France plaide ainsi pour un moratoire sur l'exploitation des grands fonds marins faute des "connaissances scientifiques nécessaires". "Il ne doit pas y avoir d'action concernant l'océan qui ne soit éclairée par la science", a martelé le président français.

"Nous avons une responsabilité (..) de véritablement maintenir le financement d'une recherche académique libre", qui "permette d'établir scientifiquement des résultats" et "sur la base de ces faits établis de changer les pratiques", a insisté Emmanuel Macron.

Le sommet de Nice, auquel des dizaines de chefs d'État sont attendus entre le 9 et le 13 juin, sera précédé d'une conférence réunissant 2.000 scientifiques d'une centaine de pays du 3 au 6 juin.

"La fenêtre se referme"

Emmanuel Macron entend aussi "remobiliser sur (l'objectif des) 30% de protection de nos océans" à l'horizon 2030, ce dont "nous sommes bien loin aujourd'hui avec 8,5%", avec un engagement à atteindre "12% de protection de nos zones écononomiques exclusives" d'ici la conférence de Nice.

Sur la lutte contre la pollution plastique, où les résultats restent décevants, a-t-il dit, la conférence doit viser à "mobiliser les États les plus ambitieux", notamment les pays riverains de la Méditerranée.

Les ONG appellent de leur côté la communauté internationale à passer des paroles aux actes à Nice. "Le président Macron devrait signifier aux dirigeants qu'ils ne doivent pas se contenter de nouvelles promesses", a pointé Enric Sala, directeur du projet "Pristine Seas" à la National Geographic Society.

"Il y a encore de l'espoir. La fenêtre reste ouverte (..) mais elle se referme aussi rapidement", a renchéri Johan Rockstrom, directeur de l'Institut de Potsdam pour la Recherche sur l'impact climatique.