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Alpes-Maritimes: une opération de déforestation pour protéger les vipères d'Orsini

BFM Côte d’Azur Arthur Descudet avec Laurène Rocheteau
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L'Office national des forêts a décidé d'enlever les pins sylvestres, qui prolifèrent dans le massif de Cheiron et représentent un danger pour l'habitat des vipères d'Orsini.

Les randonneurs qui passaient du côté de Gréolières ce matin ont peut-être aperçu ces grosses machines, mobilisées pour broyer des pins sylvestres qui ont été coupés à l'automne dernier.

Une opération de déforestation nécessaire, car ces arbres qui prolifèrent dans le massif du Cheiron, dans les Alpes-Maritimes, représentent une menace pour l'habitat d'un reptile bien particulier: la vipère d'Orsini.

Une espèce protégée

De couleur brune et reconnaissable grâce au zigzag qui parcours son dos, la vipère d'Orsini peut facilement passer inaperçue au milieu de la nature. Elle est pourtant inoffensive pour l'homme, et se nourrit principalement de criquets, qui prospèrent dans les milieux ouverts où fleurit la lavande.

C'est pour cela que le massif de Cheiron est l'un des derniers refuges de cette espèce, protégée au niveau national et européen. Un milieu qui est aujourd'hui mis en danger par la prolifération des pins sylvestres.

"Dans ces pelouses vivent des espèces animales et végétales qui ne vivent pas sous les bois", explique Emmanuel Joyeux, technicien forestier pour l'Office national des forêts (ONF) au micro de BFM Nice Côte d'Azur.

La progression de la forêt dans ce secteur entraîne également une augmentation du nombre de prédateurs de la vipère d'Orsini, tels que les sangliers.

À ce titre, l'espèce fait l'objet depuis 2020 d'un plan national d'actions, qui comprend entre autres la protection de son habitat, la surveillance des populations de vipères, ou encore la conservation des pelouses. L'Office national des forêts (ONF) a donc lancé dès novembre 2021 une opération qui vise à couper 80% des tiges de pins sylvestres, pour restaurer l'habitat des vipères d'Orsini.

Prévenir les risques d'incendies

Environ 3000 mètres cube de bois ont été prélevés depuis le début de l'opération en novembre 2021. Une opération qui n'est pas au goût de tous, notamment des habitants de Gréolières, qui ne sont pas ravis de voir les champs se dénuder petit à petit. L'ONF assure toutefois que cette déforestation nécessaire n'a pas d'impact particulier sur cet environnement, qui reste riche en diversité de milieux.

Autre argument de l'ONF: retirer une partie des arbres du massif peut limiter les risques d'incendies, qui sont très importants en cette période de fortes chaleurs.

"Autrefois éloigné des préoccupations locales, le volume de biomasse et les changements climatiques augmentent le risque de grands feux, même en altitude. Par conséquent, récolter une partie de la forêt peut être un moyen de protéger le reste des parcelles."

Le bois coupé et broyé est d'ailleurs réutilisé. L'ONF précise qu'il est transformé en plaquettes "destinées à des chaufferies bois ou des centrales de génération d'électricité." Quant à la lavande qui fleurit normalement dans ce secteur, elle devrait recommencer à pousser dès le mois de juillet.