Alimentation en eau, biodiversité… l’inquiétante diminution du débit de la cascade de Végay

La différence est frappante. Alors qu'en 2018, le débit de la cascade de Végay à Aiglun, dans les Alpes-Maritimes, était encore notable, il diminue désormais de jour en jour.

Une réalité qui attriste les habitants de la commune. "On est tous malheureux au village de voir la cascade disparaître", déplore le maire d'Aiglun, Anthony Salomone. "On ne l'a jamais vue comme ça", confirme Bernard, un habitant.

"On multiplie tous les risques"
Plus qu'un lieu historique de la commune, la cascade est une véritable source de vie pour tout un écosystème. "Si on ne fait rien, le risque, c'est qu'il n'y ait plus d'eau dans la cascade. Donc là, tout ce que vous voyez de vert, ça va devenir brun", explique le maire en désignant la végétation qui entoure le point d'eau.
"Toute la vie qu'il y a à l'intérieur, qui est exceptionnelle puisqu'il y a des espèces strictement endémiques, uniques, va disparaître. La fraîcheur de cette eau ne va pas alimenter l'Estéron, qui va se réchauffer encore plus vite. On multiplie tous les risques."
L'épuisement du cours d'eau ne représente pas seulement un problème pour la biodiversité. Cette cascade est aussi un point de prélèvement majeur des Alpes-Maritimes et alimente de nombreuses communes en eau.
Un risque de sanctions
Georges Olivari, directeur et co-fondateur de la Maison Régionale de l'Eau de Provence-Alpes-Côte d'Azur, explique qu'en plus des risques liés à la biodiversité, l'assèchement de la cascade pourrait aboutir à des sanctions économiques.
"Si on prélève trop d'eau, on aura un impact à la fois sur le cours d'eau issu de la cascade de Végay, mais aussi sur l'Estéron. Et à ce moment-là, on n'atteindra pas forcément le bon état écologique, et on risque d'avoir des amendes au niveau européen."
Face aux risques grandissants, le maire appelle à agir. "Ça devient insupportable de voir à quel point on porte peu d'intérêt à nos ressources." Une lettre d'appel à l'aide a été envoyée au préfet il y a deux mois, pour le moment restée sans réponse.
Contactée par BFM Nice Côte d'Azur, la préfecture assure toutefois qu'une réunion avec les représentants de l'Etat doit avoir lieu à Aiglun dans les prochains jours.













