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Affaire des sculptures d'Orlinski: pourquoi la mairie de Nice a été perquisitionnée

BFM Côte d’Azur Alexis Lalemant , Journaliste
Une oeuvre de Richard Orlinski exposée à Nice en juin 2023.

Une oeuvre de Richard Orlinski exposée à Nice en juin 2023. - BFM Nice Côte d'Azur

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Des perquisitions ont été réalisées mardi 18 mars au sein de la mairie de Nice, dans le cadre de l'enquête préliminaire sur des soupçons de corruption et de favoritisme.

La justice continue de scruter les liens entre le maire de Nice, Christian Estrosi, et l’artiste contemporain Richard Orlinski. Ce mardi 18 mars, plusieurs perquisitions ont eu lieu dans des locaux de la mairie de Nice, ainsi que dans les sociétés de l'artiste.

Depuis septembre 2024, le Parquet National Financier (PNF) mène effectivement une enquête sur d’éventuelles infractions de corruption et de favoritisme. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), qui a procédé aux perquisitions de mardi.

Estrosi "n’a jamais accepté de cadeau en échange d’un contrat d’exposition"

L’affaire débute par la parution d'un article de Mediapart en mars 2024. Le média d'investigation y dévoile que Richard Orlinski aurait offert des sculptures qu'il a confectionnées à Christian Estrosi et son épouse.

Il s’agirait notamment de répliques de ses célèbres sculptures "Wild Kong", "Kong Penseur" ou "Panthères". La question clé pour les enquêteurs est de savoir si ces présents ont pu influencer des décisions politiques en faveur d’Orlinski, notamment concernant l’exposition de ses œuvres sur le domaine public.

Ainsi, de juin à octobre 2023, plusieurs œuvres de l’artiste avaient été installées dans des lieux emblématiques de la préfecture maralpine.

Après la parution de l'article de Mediapart, l'opposition municipale avait saisi le procureur pour déterminer s'il y avait eu des contreparties en échange de ces cadeaux.

"J'ai saisi le déontologue et le procureur de Nice, puisqu'en tant qu'élu, je dois saisir le procureur dès que je détecte le moindre risque de délit", déclarait à BFM Nice Côte d'Azur, le conseiller métropolitain écologiste Jean-Christophe Picard.

Ces soupçons délictuels sont contestés par Christian Estrosi. Son avocat, Me Mathias Chicheportich, assure que son client "n’a jamais accepté de cadeau en échange d’un contrat d’exposition".

En réaction aux perquisitions de ce mardi, le conseil du président de la métropole de Nice Côte d'Azur rappelle dans un communiqué qu'une perquisition est un acte d’enquête tout à fait banal dans une procédure de cette nature".

"Mon client a remis spontanément l’ensemble des éléments utiles sans qu’il n’y ait la moindre difficulté. Il continuera à contribuer à l’enquête et attend sereinement son issue", précise Me Mathias Chicheportich.

Des œuvres sans valeur marchande?

De son côté, Richard Orlinski se défend en expliquant que les œuvres remises ne sont pas des pièces originales vendues sur le marché de l’art, mais des répliques sans valeur marchande.

"Les cadeaux offerts à un certain nombre de partenaires ou amis au moment des fêtes de fin d’année n’ont aucune valeur: il s’agit de reproductions d’œuvres, sans numérotation, sans certificat, et sans valeur marchande" écrivait Richard Orlinski en réponse aux sollicitations de France 3.

En effet, comme évoqué par nos confrères de France 3 Provence Alpes Côte d'Azur en mars 2024, citant un commissaire-priseur azuréen ayant gardé l'anonymat, il est de coutume qu'un artiste, lorsqu'il crée une oeuvre, produise des éditions supplémentaires "hors commerce", parfois siglées "HC".

Ces productions peuvent ensuite être revendues, mais à des prix dix à vingt fois moins élevés que les éditions destinées à la revente. Il affirme que ces cadeaux n’avaient aucune intention d’influencer des décisions municipales et que ses relations avec Christian Estrosi sont purement artistiques et amicales.