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A Nice, la justice enquête sur la gestion de la Chambre de commerce et d'industrie

La balance de la justice.

La balance de la justice. - DAMIEN MEYER / AFP

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Trois enquêtes ont été ouvertes en novembre et confiée à la police judiciaire. La CCI conteste les faits qui lui sont reprochés.

Trois enquêtes préliminaires ont été ouvertes sur la gestion de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nice pour des faits éventuels de "prise illégale d'intérêts", "favoritisme" et "détournement de fonds", allégations contestées par la CCI.

Ces trois enquêtes différentes, ouvertes le 30 novembre, ont été confiées à la police judiciaire, a-t-on appris auprès de Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice. Elles font suite à la transmission au parquet d'un rapport de l'Agence française anticorruption (AFA) rendu après un contrôle des pratiques de la chambre consulaire en 2019, ainsi qu'à un signalement de l'association Anticor s'appuyant sur ce même rapport révélé par Mediapart en septembre.

De premiers faits éventuels de prise illégale d'intérêts concernent l'attribution d'un marché public de voirie du port de Nice, géré par la CCI, à deux sociétés appartenant à Philippe Renaudi, alors élu à la CCI. Philippe Renaudi, qui vient d'être élu à la tête de la Chambre de commerce et d'industrie régionale Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), est président de l'Union pour l'entreprise (UPE) 06, représentant local du Medef et de la CPME.

Une carte bancaire utilisées pour des dépenses personnelles?

D'autres faits possibles de prise illégale d'intérêts et de favoritisme concernent l'attribution de subventions par la CCI à cette même organisation patronale, l'UPE 06. Enfin, une troisième enquête cible, pour d'éventuels détournements de fonds, le train de vie de la direction de la CCI, présidée par Jean-Pierre Savarino, fraîchement réélu à la tête de cet organisme. La justice s'interroge notamment sur l'utilisation d'une carte bancaire pour régler des dépenses personnelles, tel le règlement d'une amende pour excès de vitesse.

La CCI de Nice "conteste les allégations sans fondement d'Anticor et reste sereine sur l'issue de la procédure pénale", a-t-elle indiqué à l'AFP, en précisant avoir "toujours manifesté auprès du procureur sa disponibilité pour lui remettre l'ensemble des éléments relatifs à l'enquête qu'il diligente".

Interrogé par l'AFP, Philippe Renaudi a avancé qu'une décision récente de la justice administrative a reconnu son droit, en tant que simple élu à la CCI, de concourir à des appels d'offres de cet organisme. Quant aux subventions allouées à l'UPE 06, il s'agit selon lui de "prestations qui ne pouvaient être effectuées que par notre organisation dans la mesure où il s'agissait de communiquer auprès de nos 10.000 adhérents".