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Pollution de la Durance, informations dissimulées... La société Veolia mise en cause à Embrun

BFM DICI Gabriel del Castillo
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Une enquête réalisée conjointement par la radio associative Ram05 et Mediapart met en lumière de nombreux dysfonctionnements de Veolia.

Une importante pollution et des informations dissimulées. Une enquête de nos confrères de Mediapart, réalisée conjointement avec la radio associative Ram05, a révélé samedi 18 janvier des dysfonctionnements au sein de la société Veolia, mise en cause dans une affaire de pollution de la Durance.

Cette enquête révèle que le 1er novembre 2022 à Embrun, une station d'épuration gérée par Veolia a déversé 3.200 litres de chlorure ferrique dans la Durance, un liquide corrosif utilisé pour traiter les eaux usées. Soit l'équivalent de l'ensemble d'un mois déversé dans la Durance en l'espace d'une seule journée. Mais l'entreprise est aussi mise en cause pour avoir dissimulé des informations concernant cette pollution.

"Il y a plusieurs volets dans cette affaire", explique à BFM DICI Simon Becquet, journaliste de la radio associative qui a permis de révéler l'affaire au grand jour. "Tout d'abord, il y a une mise en danger des salariés avec des équipements défectueux ou inadaptés qui ont continué à être utilisés pendant plusieurs années par l'équipe technique".

Un ancien employé a lancé l'alerte

Le journaliste souligne également un manque de transparence répété dans les informations transmises aux autorités, notamment la police de l'eau et l'agence de l'eau. Selon cette enquête, dont la réalisation a pris trois mois, la multinationale aurait ainsi bénéficié d'une prime pour bons services environnementaux rendus aux stations d'épuration en limitant le nombre de non-conformités transmises à l'agence de l'eau.

C'est un ancien salarié de la société Veolia qui a permis de mettre en lumière ces dysfonctionnements.

"Dès le départ j’ai senti que quelque chose n’allait pas vraiment. Tous ces petits manquements que j’aperçois au fur et à mesure, je les mets de côté", a expliqué l'employé en question auprès de Ram05.

Licencié après une alerte lancée à sa direction départementale puis régionale, l'ex-employé conteste aujourd'hui son licenciement aux Prud'hommes.

Il est appuyé par deux avis de la Maison des lanceurs d'alerte et du Défenseur des Droits, qui lui reconnaissent le droit de se prévaloir de la qualité de lanceur d'alerte, et donc de reconnaître que le licenciement est intervenu en représailles à ces alertes. La décision des Prud'hommes est attendue fin janvier.