"Edelweiss": un exercice grandeur nature pour le 4e régiment de chasseurs de Gap en Ubaye

Le vent fouette les rares brins d'herbe jaunie qui s'accroche sur les crêtes du Mercantour. Dans ce décor de roches noires, des silhouettes à peine visibles se déplacent de rocher en rocher, à la file indienne. Ce sont des militaires des troupes de montagne, dont le 4e régiment de Chasseurs de Gap.
Ils participent à l'opération Edelweiss, un immense exercice impliquant des troupes d'infanterie et de cavalerie, des soldats à pied et des blindés. Pendant quatre jours, les militaires évoluent sur les sommets et dans les vallées des Alpes du Sud.
450 soldats engagés
Ce mardi, le scénario est simple. Des troupes ennemies se sont emparées des cols de la Bonette, d'Allos et de la Cayolle. Il faut les reprendre. Les 450 soldats sont répartis dans ces deux camps, chacun dirigé depuis la caserne Tarron, à la Condamine-Châtelard.
Des troupes britanniques participent même à la manoeuvre. Tous les tirs sont simulés, enregistrés et validés par des arbitres qui éliminent soit les véhicules, soit les hommes.
Sur la crête qui sépare l'Ubaye de la Tinée, deux soldats se dissimulent derrière un rocher découpé. Ils surveillent la route qui escalade la Bonette par son versant maralpin.
"On a réussi à trouver une position favorable pour pouvoir tirer avec l'AT4-CS sur les premiers éléments qui vont se présenter à nous, explique l'un d'eux. Et une fois notre coup d'arrêt donné on va pouvoir se replier sur nos véhicules puis sur des postes qui ont été reconnus à l'avance par nos amis."
Quelques virages plus bas, des chars et des buggys s'alignent sur le bitume, dissimulés par une avancée de la montagne. Des hommes se dispersent à pied dans les pentes, pour prendre l'ennemi à revers. Dans les blindés, on se prépare à passer à l'offensive.
"On va débarquer juste derrière le mouvement de terrain, expose le lieutenant Henri, du 13e bataillon de Chasseurs alpins. Et on va s'infiltrer par l'est du col pour être en mesure de s'en emparer".
"Faire feu si besoin"
Derrière lui, le brigadier Paul, du 4e régiment de Chasseurs de Gap, prend position dans son char. Il sera les yeux de ses camarades et sera chargé de couvrir leur assaut.
"Mon rôle va être surtout de l'observation à travers ma lunette de tireur, détaille-t-il. Et si on rencontre des ennemis, de pouvoir faire feu si besoin".
Cible privilégiée, des antennes se dressent contre le ciel d'automne. Les opérateurs des transmissions sont en place depuis plus de 24h et ont déjà passé la nuit dans le froid.
Leur rôle est prépondérant pour assurer la réussite de leur camp dans cette situation en constante évolution. Le caporal-chef Pierre, de la 27e compagnie de commandement et de transmission de montagne, fait partie du petit groupe.
"Les postes radio reçoivent la transmission du commandement et la redistribuent aux unités sur le terrain. Sans nous, les unités sont toutes seules, explique-t-il. Elles n'ont pas de lien radio, ne reçoivent pas d'ordres et ne peuvent pas transmettre les informations. On perd la chaîne de commandement".
Des manoeuvres aussi du côté du Champsaur
Les heures passent, les troupes à l'attaque s'emparent du col de la Bonette et sécurisent leur avancée. Ils progressent vers l'aval, en direction de la vallée de l'Ubaye. Toujours scindés, entre blindés et infanterie, se protégeant mutuellement.
Le chemin n'est pas plus simple qu'en haut, les combattants se déplacent sur une alternance d'éboulis, de roches calcaires abrasives, et des plaques d'herbe plus accueillantes.
Mais une falaise verticale barre leur route. Des spécialistes ont installé un rappel pour faire passer les soldats un par un. L'adjudant Thomas, du régiment gapençais, fait partie de ceux-là.
"C'est propre aux troupes de montagne, abonde-t-il. Toutes ces techniques simples d'alpinisme, s'installer sur un rappel déjà mis en place, progresser sur une corde, descendre en rappel avec le sac et l'armement".
L'exercice s'est prolongé mercredi, avec la prise de l'aérodrome de Saint-Pons, et de nouvelles manœuvres vendredi dans les Hautes-Alpes, du côté du Champsaur.













