Renault change d'avis et se lance à son tour dans l’hybride

À partir de 2020, Renault commercialisera des Clio hybrides et des Captur et Mégane hybrides rechargeables en Europe. - Loïc Venance - AFP
S’il l’a dit très vite en conférence de presse, il ne l’avait certainement jamais énoncé aussi clairement. Ce lundi 1er octobre, à la veille de l’ouverture du Mondial de l’Automobile de Paris, Carlos Ghosn, PDG de Renault, a annoncé qu’à partir de 2020, le constructeur français commercialisera des Clio hybrides et des Captur et Mégane hybrides rechargeables en Europe.
Un peu moins de dix ans après avoir annoncé que l’éléctrique représenterait 10% du marché mondial en 2020, et force est de constater que ce chiffre est encore loin (un peu plus de 1% du marché mondial en 2017), Carlos Ghosn semble avoir adopté un principe de réalité.
L'hybride "est une technologie prometteuse"
Fini le temps où il se montrait sceptique sur l’hybride. L'hybride "est une technologie prometteuse qui doit être travaillée, développée. Nous devons être prêts pour le cas où cette technologie ferait une percée et pourrait être commercialisée en masse. Ce qui à mon avis n'est pas encore le cas", soulignait en 2006 le PDG, rapportant l’Argus. S’il veut toujours être un leader sur la voiture électrique, Renault fait désormais preuve de réalisme et mise aussi sur les hybrides essence.
"Les véhicules hybrides feront partie de la transition vers la voiture électrique, ils accompagneront l’acceptabilité de la voiture électrique, explique Philippe Berteaux, associé en charge de l’automobile chez EY. Il y a une accélération ces derniers mois des réflexions autour de l’électrification, mais les ventes de voitures électriques restent marginales".
Objectifs d'émissions de CO2
Renault a acquis un savoir-faire sur l’hybride rechargeable en achetant en 2016 le Japonais Mitsubishi. La technologie a été baptisée "e-Tech" dans le vocable Renault. Des recherches Nissan, ainsi que le développement en 2015 du concept Eolab, doté d’un moteur de consommant que 2 litres aux 100, auraient aussi servi à la mise au point de son hybride essence-électrique.
Mais nul besoin pour l’Alliance de la développer d’une page blanche, alors que la marque française souffre de la chute des ventes de diesel.
Or, les diesels faisaient baisser les émissions de C02 d’une gamme. Mais ils ont de moins en moins la côte, surtout auprès des autorités. Verdict: sans hybride rechargeable, difficile pour un constructeur d’atteindre les 95 grammes de CO2 en moyenne dans sa gamme exigée par les autorités européennes.
Peugeot fait déjà de l'hybride
S’il a longtemps décrié cette motorisation double, donc deux fois plus lourde et soupçonnée d’être deux fois plus chère qu’un diesel, Carlos Ghosn veut désormais en faire aussi un atout commercial.
C’est ainsi la prochaine génération de son best-seller, la Clio, qui pourrait être donc l’un des premiers véhicules à disposer d’une version hybride simple. Dans son plan Drive The Future, Renault annonçait en 2017 la commercialisation de 12 modèles hybrides d’ici 2022, tout en diminuant de moitié son offre diesel.
Mais aucun véhicule ni prototype ne sera présenté cette semaine au salon automobile de Paris. Pour voir des hybrides rechargeables sur des voitures françaises, les visiteurs devront se rendre sur les stands d’en face. Chez Peugeot ou DS, les modèles hybrides rechargeables seront eux légion, de la 508 en passant par le 5008 ou le DS7 Crossback.












