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Les radars fixes ont flashé à plus de 14 millions de reprises en 2021

BFM Business Timothée Talbi
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Dans une interview donnée au Parisien, la déléguée interministérielle à la Sécurité routière Florence Guillaume a dressé un bilan de l'activité des radars en 2021. Elle a notamment évoqué le cas des radars embarqués qui devraient être prochainement étendus à l'ensemble du territoire national.

Alors que l'année 2020 avait sensiblement réduit le nombre d'automobilistes sur les routes, notamment pendant les confinements, celui-ci est reparti à la hausse en 2021 et avec lui l'activité des radars. Florence Guillaume, déléguée interministérielle à la Sécurité routière, donne quelques chiffres ce vendredi dans les colonnes du Parisien.

"En 2021, les radars fixes ont généré 14,6 millions de messages infractions (les flashs), les radars embarqués (externalisés ou conduits par la police) 1,4 million", indique-t-elle, se réjouissant que le nombre annuel de morts sur les routes soit passé de 8000 à moins de 3500 en à peine 20 ans.

"Le seuil des 4700 radars avait été fixé en 2015 et nous n’avons pas l’intention d’en avoir davantage, déclare également la générale de gendarmerie. Nous avons en revanche l’intention de poursuivre cette politique publique de modernisation des radars qui a contribué largement à faire baisser le nombre de morts sur les routes."

Plus de radars urbains et moins de retraits de points

Florence Guillaume a évoqué plusieurs formes de radars dont les derniers en date: les radars urbains qui sont encore au stade d'expérimentation dans les villes de Toulouse, Montbéliard, Marseille et Montpellier mais où ils devraient enfin générer des PV dans les premiers mois de l'année.

"En 2023, il devrait y avoir 200 radars urbains actifs sur l’ensemble du territoire, et quatre à cinq fois plus de cabines pour pouvoir déplacer les radars de l’une à l’autre. Pour l’instant, ces radars urbains sont homologués pour contrôler la vitesse et les franchissements de feux rouges", rappelle-t-elle en mentionnant la détection du téléphone au volant et le non-port de la ceinture de sécurité comme pistes de réflexion.

Un des autres axes de réflexion majeur concerne le degré de sanction lié aux légers excès de vitesse avec plus particulièrement l'idée d'une suppression des retraits de points pour ceux inférieurs à 10km/h hors agglomération. "L'idée serait de maintenir l'amende pour que tout le monde ait bien conscience qu’il s’agit d’une infraction, mais de ne pas enlever de point dans ce cas", souligne-t-elle tout en précisant que plus de 80% des automobilistes ont au moins 11 points sur 12. En revanche, Florence Guillaume écarte l'hypothèse d'une fin du permis à points.

Les radars mobiles externalisés dans tous les départements d'ici la fin de l'année?

Déjà présents dans près de 40 départements français, les voitures-radars devraient gagner les routes des cinq dernières régions encore épargnées: la Corse, l'Île-de-France, l'Occitanie, Paca et Rhône-Alpes. "On imagine que ce sera en 2023, mais à ce stade le feu vert n’a pas été donné, explique Florence Guillaume. Ce n’est pas prévu pour les Outre-mer."

Il y a actuellement 381 voitures-radars qui circulent en France, surtout dans la partie occidentale du pays. Près de 60% d'entre elles sont opérées par des entreprises privées (contrôles routiers externalisés).

D'après les données du Département du contrôle automatisé de la Délégation à la sécurité routière, les 538.000 infractions relevées par ces voitures-radars banalisés en 2021 ont engendré le retrait de 782.000 points pour environ 54 millions d'euros d'amende. Les chiffres révèlent que les dépassements de limite de vitesse vont croissant à mesure que cette dernière diminue.

"Quand 37% des contrôles sur les routes à 70km/h sont mesurés au-dessus de la limite, c’est seulement le cas pour 22% de ceux sur les routes à 90km/h et encore moins sur les portions d’autoroute à 130km/h (16 %)", relève Le Parisien.

Des disparités apparaissent également entre les départements. Globalement, ce sont les Bretons et les Normands qui font le plus l'objet de contrôles avec généralement plus de 300.000 sur l'année 2021 et des pics au-delà de 400.000 pour la Manche et l'Ille-et-Vilaine. Sur la partie orientale du territoire, le département de la Haute-Marne en recense moins de 8000. Les disparités subsistent également en matière de verbalisation. Les Landes et la Somme font ici office de mauvais élèves avec près de 15% de contrôles supérieurs de 10% à la vitesse limite contrairement au Pas-de-Calais et au Nord où cette part ne s'élève qu'à 6%.