Le succès des SUV bien parti pour durer, selon une étude

Le Peugeot 3008 restylé en 2020 - TG
Ils sont de plus en plus présents dans le paysage automobile actuel... et ce n'est pas prêt de s'arrêter. La dernière édition de l'Observatoire automobile Cetelem dévoilée ce mardi revient sur "l'insolente trajectoire des SUV".
Quelques chiffres pour se rendre compte du phénomène. En Europe, entre 2013 et 2020, la part de marché du SUV dans les ventes de véhicules particuliers neufs a doublé, passant de 19 à 38%. Et à 40% la France est plus proche de la moyenne mondiale de 45%, avec les deux plus gros marchés mondiaux, les Etats-Unis et la Chine, respectivement à 52 et 48%.
Pas un simple "effet de mode"
Pourtant, d'après cette étude, on ne peut clairement pas parler d'un simple "effet de mode":
"La montée en puissance des SUV a été spectaculaire: il y a 20 ans ils n’existaient pas et aujourd’hui il représente une vente sur deux dans le monde. C'est un succès phénoménal qui ne repose pas sur un effet de mode, contrairement à ce que pensent ceux qui ne conduisent pas un SUV. En réalité c'est un véhicule qui répond aux attentes des automobilistes qui le jugent confortable ou s'y sentent en sécurité, il coche beaucoup de cases pour les utilisateurs", souligne Flavien Neuvy, économiste et directeur de l’observatoire Cetelem.
Un succès commercial qui s'opère malgré un flot de critiques, notamment sur l’impact environnemental des SUV. Pourtant, ce n'est pas vraiment une préoccupation qu'on retrouve chez les automobilistes, comme le relève Flavien Neuvy.
"C'est une grosse surprise de cette étude, en réalité, cet impact environnemental, c'est un non-sujet pour les automobilistes: seuls 33% des personnes que nous avons interrogées dans cette étude mondiale disent que ces véhicules polluent plus que les autres. Et chez les conducteurs de SUV, ils sont seulement 23% à le penser. Il y a donc une certaine asymétrie entre ce que l'on dit dans le débat public et ce que ressentent les automobilistes."
Autre point intéressant: le SUV reste finalement une notion assez floue. L'étude a volontairement repris une notion assez large, avec un terme qui "désigne aujourd’hui toutes les voitures de type familial ayant des lignes rappelant les tout-terrain sportifs", avec certaines caractéristiques comme "un véhicule et une position de conduite surélevés; une hauteur, un volume et un intérieur importants par rapport à des véhicules de même taille", sans forcément disposer des quatre roues motrices.
Pour illustrer ce côté fourre-tout de la notion de ce format de carrosserie, seulement 27% des sondés de l'enquête Cetelem identifient le Peugeot 3008 comme un modèle de type SUV, encore moins, 16%, pour le Renault Captur, pourtant deux des meilleures ventes en France.
L'électrification, nouveau tremplin pour le SUV?
Alors que la France va mettre en place un malus au poids l'an prochain, il semble difficile de freiner la progression des SUV dans les ventes.
"Si un malus au poids, qui deviendrait très dissuasif au fil du temps, est mis en place, cela pourrait pénaliser les SUV, électriques en particulier (ils sont pour le moment exemptés de cette surtaxe, tout comme les hybrides rechargeables, ndlr), poursuit Flavien Neuvy. Mais à l’inverse, si ce sont des interdictions de circuler dans des grands centres urbains sur des véhicules polluants, les SUV électriques seraient bien acceptés. Ce qui est sûr c'est que les automobilistes sont assez partagés sur les décisions à prendre en la matière: ceux qui possèdent des SUV ne veulent pas de restrictions, ceux qui n’en possèdent pas y sont favorables".
Finalement, l'électrificiation des SUV pourrait encore renforcer leur succès actuel, avec 71% des sondés qui pensent qu’un SUV électrique est plus respectueux de l’environnement qu’un véhicule thermique. Dernier chiffre qui traduit ce potentiel: 30% des automobilistes qui ne possèdent pas de SUV pensent en acquérir un au cours des prochaines années.












