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Pour le député Bruno Questel, les accusations de négociations entre l'exécutif corse et Emmanuel Macron autour d'Yvan Colonna sont "stupides"

Pour le député Bruno Questel, les accusations de négociations entre l'exécutif corse et Emmanuel Macron autour d'Yvan Colonna sont "stupides"

Il y a une semaine, Yvan Colonna a été victime d'une violente agression et depuis, les Corses ne décolèrent pas et manifestent dans les rues de Bastia ce dimanche. Mais en plus des violences, une polémique monte. Selon Le Canard enchaîné, en février, des députés proches d'Emmanuel Macron se seraient rendus auprès d'Yvan Colonna pour négocier un soutien, de la part de l'exécutif corse, à la présidentielle, en échange d'un rapatriement du détenu. Bruno Questel, députée LaREM de l'Eure, concerné par ces accusations, était en direct sur BFMTV pour réagir. 

Agression d'Yvan Colonna: les raisons de la colère en Corse

Agression d'Yvan Colonna: les raisons de la colère en Corse

Une semaine après l'agression en prison d'Yvan Colonna, la colère est montée d'un cran mercredi soir en Corse. Des manifestants se sont introduits dans le palais de justice d'Ajaccio, où un incendie a été déclenché. À Ajaccio et à Bastia, plusieurs personnes ont été blessées dans des heurts. Depuis que le militant nationaliste, condamné pour l’assassinat du préfet Claude Erignac en 1998, est dans le coma après avoir été violemment agressé par un codétenu emprisonné pour terrorisme, les manifestations se sont multipliées sur l’île à l’appel d’étudiants, de lycéens, d’organisations nationalistes ou de syndicats accusant l’État de porter une lourde responsabilité. 

Photo d'Yvan Colonna prise le 4 juillet 2003 après son arrestation en Corse pour l'assassinat du préfet Erignac

Yvan Colonna

Le militant indépendantiste corse Yvan Colonna a été très grièvement blessé début mars 2022 par un codétenu, condamné pour terrorisme, de la prison d'Arles. Depuis entre la vie et la mort, il a été victime "d'une strangulation à mains nues, puis d'un étouffement", a précisé le procureur de Tarascon. Son agresseur, Franck Elong Abe, a été mis en examen pour "tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" par des juges d'instruction du tribunal judiciaire de Paris. Son geste, a-t-il dit aux enquêteurs, fait suite à un "blasphème" - le détenu corse aurait "mal parlé du prophète", a appris BFMTV de source judiciaire. Yvan Colonna a été condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 - un acte "barbare... sans précédent dans notre histoire", a dénoncé le président Jacques Chirac à l'époque. Mais ce berger, nationaliste corse convaincu, a toujours nié son implication. Lorsqu'en mai 1999, quand sont arrêtés les membres du groupe suspecté de l'assassinat et qu'interviennent les premières dénonciations, Yvan Colonna prend le maquis. Une cavale de quatre ans, jusqu'à son arrestation en juillet 2003. Sa piste a été suivie du Venezuela à la Sardaigne en passant par Vanuatu ou le Costa Rica, mais il était en réalité dans son île, dans une bergerie près de Propriano. Suit une longue saga judiciaire, avec trois procès avant une condamnation définitive à la réclusion criminelle à perpétuité (sans période de sûreté) en 2011. Mais Yvan Colonna a toujours nié. "J'ai jamais tué personne, j'ai jamais pensé tuer quelqu'un", avait-il insisté lors de son dernier procès. Mais il assume: "Je suis nationaliste, je pense que je le serai toujours". Il déclarait toutefois avoir quitté le militantisme en 1989-1990, après la naissance de son premier fils, pour se consacrer à sa famille et à son élevage caprin. Incarcéré à Fresnes (Val-de-Marne), Toulon puis Arles, entre autres, il a multiplié les demandes de rapprochement en Corse, toutes refusées pour ce "détenu particulièrement signalé". En 2018, sa femme, qu'il a épousée en prison et avec qui il a eu un fils aujourd'hui âgé d'une dizaine d'années, interpellait Emmanuel Macron lors d'une visite à Ajaccio: "Mon fils de six ans n'a pas vu son père depuis un an et demi. S'il vous plait, faites quelque chose". "Que votre enfant puisse voir son père, que les personnes qui sont détenues dans notre pays puissent voir leur famille, ça fait partie des choses que nous allons assurer", lui avait alors répondu le président.