BFM

Migration des oiseaux: des observateurs constatent des retards à cause du climat

BFM Hugo Septier , Journaliste BFMTV
placeholder video
Plusieurs espèces pourraient, si elles restent en Europe, ne pas pouvoir se nourrir durant les mois d'été.

Un peuple un peu moins migrateur. Conséquence directe du réchauffement climatique et des températures plus élevées que la normale recensées en France ces dernières semaines, plusieurs espèces d'oiseaux censées migrer vers des contrées plus chaudes en automne retardent ou annulent leur départ. Plusieurs experts expliquent ce phénomène par une perte de repères des animaux.

"Les oiseaux ont dans leur cerveau une sorte d’horloge qui leur dit qu’il est temps de remonter vers les lieux de nidification. Cette horloge, avec les bouleversements climatiques, se dérègle", explique ainsi, auprès de BFMTV, Pierre Maigre, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) d’Occitanie.

Une perte de la notion de saisons aux répercussions directes. Dans plusieurs régions du sud du pays, il n'est désormais pas rare d'observer des espèces auparavant inhabituelles.

"Je prendrai le cas de la cigogne qui autrefois était un oiseau très rare chez nous, nous avons maintenant 26 couples nicheurs dans le département de l’Hérault", indique encore Pierre Maigre, assurant que dans ce même département "plusieurs centaines d’oiseaux viennent passer l’hiver, ils ne prennent plus la peine de descendre jusqu’en Espagne voire en Afrique du Nord."

Vers une hécatombe?

Si cette arrivée de nouvelles espèces fait le bonheur des observateurs et photographes, ce nouveau mode de vie est un vrai risque pour les oiseaux.

"Pour l’instant l’automne est plutôt doux. Les cigognes vont trouver leur nourriture assez rapidement, les reptiles ne sont pas encore en train d’hiverner. Mais s'il y a un coup de froid ces espèces-là ne vont plus être disponibles, vont s’enterrer dans la terre, et les cigognes ne vont plus pouvoir se nourrir ou difficilement", indique, toujours à notre antenne, Florian Escot, chargé de mission à la Ligue de Protection des oiseaux (LPO) de l’Aude.

Dans ce département, où les experts prévoient une hécatombe cet hiver, on estime à 900 le nombre de cigognes dans les marais.