Il n'existe plus de chevaux sauvages sur Terre

Un cheval de Przewalski dans un champ à Tchernobyl, le 22 janvier 2016. - Genya Savilov - AFP
Des chercheurs ont annoncé ce jeudi qu'il n'existait plus de chevaux sauvages sur Terre, d'après une nouvelle analyse ADN qui redessine l'arbre généalogique de la famille de ces équidés.
Selon ces dernières découvertes, les chevaux de Przewalski - ceux que l'on croyait être les derniers chevaux à l'état sauvage de notre planète -, sont en réalité les descendants d'animaux domestiqués ayant échappé à leurs propriétaires.
"C'était une énorme surprise", a confié Sandra Olsen, co-auteure de l'étude publiée dans la revue Science et conservatrice à l'institut de la biodiversité et du musée d'histoire naturelle de l'Université du Kansas. "Cela signifie qu'il n'y a plus de chevaux sauvages sur Terre, et c'est ça qui est triste", s'est-elle désolée.
Des recherches archéologiques et ADN
L'étude se base sur des recherches archéologiques menées sur deux sites au nord du Kazakhstan, Botai and Krasnyi Yar, où les scientifiques ont découvert des preuves d'une domestication du cheval datant d'il y a plus de 5 000 ans. Une équipe menée par des chercheurs français a séquencé les génomes de 20 chevaux de Botai, en utilisant notamment des dents et des os exhumés sur les sites.
"A défaut d'être la source des chevaux domestiques actuels, les chevaux de Botai (les équidés domestiqués connus les plus anciens, NDLR) se sont révélés les ancêtres directs des chevaux de Przewalski!", révèle un communiqué du CNRS.
Cette découverte inattendue signifie que les chevaux de Przewalski n'étaient pas sauvages à l'origine.
L'origine des chevaux modernes inconnue
"Remplacer le mot 'sauvage' par 'naturel' est un changement sémantique qui pourrait mieux refléter leur évolution historique mais ne devrait pas changer leur statut. Nous devrions continuer à protéger les chevaux de Przewalski comme une population de chevaux sauvages", a réagi auprès de l'AFP Beth Shapiro, professeure d'écologie et de biologie évolutive à l'université de Californie de Santa Cruz.
Autre conclusion de taille après ces analyses ADN: les chevaux modernes, domestiqués, ne sont quant à eux pas des descendants de ceux de Botai, comme il était supposé jusqu'alors.
"Aucun des 22 chevaux eurasiatiques analysés par l'équipe (couvrant les 4 100 dernières années) n'est apparenté à ceux de Botai", rapporte le CNRS. "L'origine des chevaux domestiques modernes doit être recherchée ailleurs".











