Haut-Rhin: la consommation d'eau du robinet va être restreinte sur une partie de Saint-Louis Agglomération

Après la découverte de hauts niveaux de Pfas, des polluants éternels, dans l'eau potable et le sang des riverains de l'aéroport de Bâle-Mulhouse, la préfecture du Haut-Rhin prend des mesures. Il a été décidé l'interdiction pour les personnes sensibles de consommer l'eau du robinet sur une partie de 11 des 40 communes de Saint-Louis Agglomération.
"L'impact sanitaire n'est pas avéré aujourd'hui, mais on est dans le préventif, la précaution sanitaire", a indiqué le préfet du Haut-Rhin ce vendredi 25 avril.
L'arrêté prendra effet le 5 mai prochain et concerne donc les femmes enceintes et allaitantes, les enfants de moins de 2 ans ou encore les personnes âgées et immunodéprimées. Ces personnes représentent environ 3.000 habitants, soit 5% de la population du territoire.
Les communes concernées par la mesure sont: Bartenheim, Blotzheim, Buschwiller, Hégenheim, Hésingue, Huningue, Kembs, Neuwiller, Rosenau, Saint-Louis et Village-Neuf.
Un plan d'actions mises en place
Les autorités ont également annoncé que, dans l'immédiat, aucune augmentation du prix de l'eau n'est d'actualité, mais un "remboursement des bouteilles d’eau pour les personnes concernées est prévu, probablement via un forfait".
En parallèle, les autorités annoncent la mise en place d'actions pour réduire le taux de Pfas dans l'eau et la rendre à nouveau conforme aux normes. Ainsi, seront installées des unités mobiles de traitement sur trois sources concernées par la pollution. À terme, des usines de traitement verront le jour.
Des études de sécurisation de la production d’eau potable devraient également sur le long terme être mises en place.
La préfecture souligne qu'aujourd'hui l'Euroairport "n'est pas responsable juridiquement car les produits étaient alors autorisés" mais il devra "contribuer financièrement" aux travaux et chantiers. Un dispositif important dont le coût est aujourd'hui estimé à 20 millions d'euros.
Des taux "entre deux et quatre fois au-dessus de la limite"
Des analyses menées par l'association de défense des riverains de l'aéroport ont récemment révélé des taux "entre deux et quatre fois au-dessus de (la limite de) 100ng/litre pour la somme des 20 PFAS les plus recherchés".
D'après l'association, la contamination de l'eau po "n'est pas responsable juridiquement car les produits étaient alors autorisés" mais devra "contribuer financièrement" aux travaux et chantiers. Un dispositif important dont le coût est aujourd'hui estimé à 20 millions d'euros.
Toutefois, le préfet Thierry Queffélec et le président de Saint-Louis Agglomération Jean-Marc Deichtmann indiquent que "la mousse des pompiers n'est plus utilisée depuis 2017 car elle est interdite."
Substances chimiques particulièrement stables, les PFAS, surnommés "polluants éternels", sont l'objet de restrictions croissantes dans le monde pour les menaces qu'ils représentent pour l'environnement et la santé humaine.












