Colmar: la rue des Têtes devient piétonne pour les trois prochains mois, l'initiative divise

Un centre-ville sans voiture. Certains en rêvent encore, quand d’autres décident d'avancer et d'expérimenter la mesure. La municipalité de Colmar emboîte le pas à d'autres villes françaises en lançant la piétonnisation d'une partie de son centre-ville, en commençant par la rue des Têtes.
Les voitures ne peuvent plus circuler dans cette voie depuis ce lundi 6 janvier. Un changement qui ne fait pas l’unanimité, et qui a surpris certains Colmariens mis devant le fait accompli.
"Je n'étais pas du tout au courant, j'ai vu le panneau en rentrant dans la rue. Je vais aller me garer et puis je ne reviendrai plus", explique à BFM Alsace Gurcan, un automobiliste de 36 ans.
La décision de piétonniser la rue, au cours d'une phase d'expérimentation censée durer trois mois, divise les riverains rencontrés dans les environs de la rue des Têtes. Gurcan estime que "c'est peut-être une bonne chose, car il y a beaucoup de touristes et c'est difficile de circuler en périodes de fêtes".
"Je suis plutôt en faveur du fait que ce soit piétonnisé, mais je me pose la question pour les personnes à mobilité réduite. S'ils trouvaient une solution, ce serait mieux pour eux", partage de son côté Estelle, 49 ans.
"Pas la meilleure période"
Mais pour Janine, une automobiliste colmarienne de 88 ans, la piétonnisation peut s'avérer être aussi un fardeau.
"Je ne suis pas toute jeune, donc pour marcher et tout ça, c'est problématique. Je prendrai le taxi maintenant, c'est pas forcément la bonne solution, mais quand on n'a pas le choix...", avance cette retraitée.
Du côté des commerçants, l'inquiétude est aussi de mise pour certains, à l'instar de Sandrine Cottin, qui se dit "totalement contre" la nouvelle mesure.
"L'avantage d'être dans une petite ville est de pouvoir se déplacer rapidement, aller faire ses courses et se garer donc devant ses commerçants", analyse la gérante de la boutique DifférencE.
Même son de cloche pour Boris Guilhem, un autre commerçant du quartier, qui pointe de son côté un timing inadéquat.
"Ce n'est pas la meilleure période pour faire un essai. C'est la période creuse par rapport aux achats, au tourisme, et du coup ça va peut-être freiner les ventes", craint le commerçant.
"Une incidence très faible", selon le maire
Face aux interrogations, la municipalité fait fi des critiques et assure que le changement était nécessaire.
"Il y a 35 places de parking ici et on a un flot continu de voitures qui passent en s'imaginant trouver une place... qu'elles ne trouveront pas. Aujourd'hui c'est interdit, et pourtant toutes les places sont occupées. Donc ça n'aura qu'une incidence très faible sur le commerce", tente de rassurer le maire de Colmar, Eric Straumann (LR).
Les automobilistes peuvent toujours se garer dans un parking souterrain situé à une centaine de mètres de la rue piétonnisée, en attendant les retours d'expérience de cette phase d'essai menée dans la rue des Têtes.













